Le poids de ton existence ne pèsera plus sur mes épaules. Je respires, sauvée par la cloche de l'école que j'ai choisi alors que tu m'imposais un faux-dilemme: elle ou toi. Vieux dilemme, j'aurais même pas eu le droit de choisir toi et d'envoyer valser le cours qui début lundi matin qui s'en vient. L'option scolarité & toi ne t'aura pas effleurée l'esprit; tu as choisi le confort du haut de ton indifférence.
J'attends l'autobus avec l'espoir d'un amour nouveau, d'une aventure éclatante ou ton humeur maussade et ton regard absent n'aura pas droit de cité. J'attends la vie après cette accolade froide et carrée, après avoir subi ce semblant de tendresse pour mieux brouiller les cartes... Tu sais y faire. Cette caresse interminable entre la nuque et les cheveux qui coule jusqu'à ce point dans le dos sous l'homoplate droite que tu malaxes, cette main dans mon jeans sous un manteau alors que les passants du parque el retiro ne se doutent de rien.. tu m'auras monté un beau grand bateau et ça tombe bien, j'ai le pied marin.
Je croyais qu'on allais naviguer ensemble, tout doucement, quon s'adapterais à la même direction avec des ajustements légers mais constants. Tu m'as bien eue! Le capitaine ne doit en aucun cas se jeter à l'eau avant l'équipage et t'as abandonner le navire dès les premiers remous. Toi, tu ne penses qu'à sauver ta peau et tant mieux ou tant pis si la mienne te survis, au hasard des jours.
Je t'écris avec une sérénité que je ne connais plus, cet état de béatitude que j'avais perdu depuis ta venue. T'as mis tes lunettes fumées avant de marcher les 45 minutes qui nous sépare de la ville. Réservez un hotel pas cher sans vérifier l'adresse, hein... C'était ta derniere trouvaille pour me décevoir, petit garçon. Je savais pas que le chemin de compostelle pouvait avoir des airs d'autoroute avec ses poids lourds qui te dépasse à tout allure. Toi, ça te fait pas peur, mais moi, depuis que j'ai failli mourir, ça me travailles.
T'étais là dans ton costume de superhéros, à mon chevet. Dès que c'est devenu moins grave, t'as décidé que les aidants naturels, c'est pas ta tasse de thé. Je vais porter mes 30 kilos de valises toute seule, ça ne me dérange pas - je te l'ai dit - et j'ai presque plus mal depuis que t'es parti, j'aurais juste aimé me faire niaiser moins longtemps, mais toi t'as pas su comment.
Mercredi que ça c'est fini, gisante sur le trottoir à pleurer, on se criait dessus pour enterer le vacarme des éboueurs, j'ai vraiment pas eu de classe avec ma foi dans l'impossible, mon coeur ample, inconditionnel qui aurait été prêt à n'importe quoi pour toi... Ou n'importe qui? Merci d'être parti. Tu l'as fait, tu m'as quittée même si t'as eu la lâcheté d'agir en amoureux apres le break up, comme pour tourner le couteau dans ma plaie en semant des graines d'espoir que je gobes, comme si ma vie en dépendait, comme si l'amour se pouvait, toi et moi, ensemble, alors que le vent fait voler ce qu'il reste de nos cendres.
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